Si vous avez besoin de jaser…

Présentation des mentors des athlètes pour PyeongChang 2018
30
Déc

Rencontrez vos mentors : 1re partie

Il arrive parfois d’avoir tout simplement besoin de jaser. Pas à votre mère, ni à votre entraîneur, ni au barista. Il arrive parfois d’avoir tout simplement besoin de jaser avec quelqu’un qui comprend. Tout. Sans jugement ni attentes. Mais comment trouver une personne impartiale en dehors de votre routine quotidienne?

Facile : Les mentors des athlètes.

Vous savez peut-être que quatre mentors ont déjà été nommés au sein de l’équipe de mission pour PyeongChang 2018; ils donneront le son de cloche ultime aux athlètes. En les écoutant. En offrant leur perspective sur ce que signifie l’expérience olympique. En les mettant en contact avec un réseau de personnes et de services.

Tout comme le vôtre, leur récit est unique. Ils savent qu’il s’agit d’une expérience personnelle et que chacun et chacune d’entre vous vivront les Jeux de façon différente. Mais il ne tient qu’à vous de créer votre récit et de garder en perspective votre participation aux Jeux – en tirant des leçons de vos pairs qui sont déjà passés par là pour que vous puissiez tracer votre propre chemin.

Dans cette optique, les mentors des athlètes vous aideront à entamer la conversation en brisant la glace dans ce premier volet d’une série d’entrevues en deux parties.

AU PLAISIR DE VOUS RENCONTRER!

CATRIONA LE MAY DOAN
MENTORE PRINCIPALE DES ATHLÈTES

Sport : Patinage de vitesse sur longue piste
Jeux olympiques : Salt Lake City 2002, Nagano 1998, Lillehammer 1994, Albertville 1992
Meilleurs résultats : 2 or, 1 bronze
Année de retraite du sport : 2003
Ville d’attache : Saskatoon (Saskatchewan)
Famille : Deux enfants : Greta (13 ans) et Easton (10 ans)
Emploi : Directrice principale de la mobilisation communautaire pour Sport Calgary

JULIEN BAHAIN
MENTOR DES ATHLÈTES

 

Sport : Aviron
Jeux olympiques : Rio 2016, Londres 2012, Beijing 2008
Meilleur résultat : 1 bronze
Année de retraite du sport : 2016
Ville d’attache : Angers (France)
Famille : Marié et père de Jade (19 mois)
Emploi : Associé principal chez Partnerships BC

 

Catriona est une athlète qui n’a pas besoin de présentations. C’est une vedette qui a dominé son sport et qui restera à jamais une partie importante de l’identité de notre pays. Mais ce ne sont pas que ses antécédents athlétiques qui font d’elle une excellente leader et mentore, il y a aussi sa compassion. Quant à Julien, ancien rameur avec un récit olympique digne de notre attention, il est prêt à s’ouvrir, à écouter et à vous aider à façonner votre propre récit.

Voici les conseils qu’ils ont dévoilés en entrevue et qui devraient vous permettre de vous identifier à eux avant le début des Jeux.

PORTRAIT OLYMPIQUE

Quel genre de questions les gens devraient-ils vous poser quand ils entrent en contact avec vous pour la première fois?
CATRIONA : Sur le fait que je suis entraîneure de l’équipe de ringuette de ma fille. Je n’avais pas acheté de patins de hockey depuis plus de 30 ans… et je ne savais pas comment tourner à droite! Je suis meilleure maintenant.
JULIEN : Sur le fait que j’ai traversé l’océan à la rame tout en ayant une phobie de l’eau.

Qu’auriez-vous aimé vous dire avant votre première expérience olympique?
CATRIONA : J’aurais aimé pouvoir me dire de ralentir, d’arrêter de temps en temps pour profiter pleinement de cette expérience. Il faut créer des souvenirs!
JULIEN : D’apprécier davantage l’expérience. J’étais vraiment « chanceux » de remporter une médaille de bronze à 22 ans, et je ne crois pas que je l’ai appréciée autant que je l’aurais dû. C’est quand on ne gagne pas que l’on réalise à quel point c’est spécial.

D’arrêter de temps en temps pour profiter pleinement de cette expérience.

Qu’est-ce qui vous a le plus impressionné à vos premiers Jeux?
CATRIONA : Je ne sais pas si « impressionné » est le terme que j’utiliserais… mais tout me semblait tellement énorme. Et pour faire quoi que ce soit, il faut beaucoup plus de temps (comparativement aux autres compétitions).
JULIEN : La salle à manger du Village! N’essayez pas de goûter à tout dès la première journée.

Qu’est-ce qui vous a déçu à vos premiers Jeux?
CATRIONA : J’aimerais dire le processus, encore une fois. On ne peut rien faire rapidement aux Jeux et cela a vraiment mis ma patience à l’épreuve!
JULIEN : Nous avions une équipe forte. Nous avons remporté une médaille. Mais pour moi, cela ne faisait pas de différence. Nous étions une équipe. Ce que j’ai réalisé est que le grand public et les médias n’ont pas toujours la même perspective. J’ai appris à mes dépens (aux Jeux suivants) qu’on ne peut pas s’attendre à obtenir un traitement particulier, des activités spéciales ou l’attention des médias.

Comment cela vous a-t-il aidé d’être en contact avec des olympiens plus expérimentés pendant les Jeux?
CATRIONA : Parfois, je ne suis pas certaine de savoir qui est expérimenté et qui en est à ses débuts. Ce qui est merveilleux au sujet des Jeux, c’est que nous sommes tous différents avec une énergie différente. Alors, que vous soyez débutant ou expérimenté, tout est un peu nouveau!
JULIEN : Certains de mes coéquipiers avaient déjà participé à deux ou trois Jeux olympiques et fait leurs propres erreurs. J’ai pu éviter de répéter ces erreurs tout simplement en les écoutant et en me fiant à leur expérience… Et quand on fait quelque chose, on le fait en équipe. J’ai trouvé cela génial.

 

Julien Bahain, Robert Gibson, Will Dean et Pascal Lussier, du Canada, qui formaient l’équipe masculine du quatre de couple aux Jeux olympiques de Rio 2016, au Brésil. (Photo AP / Luca Bruno)

LEÇONS APPRISES

Qu’est-ce que les Jeux vous ont enseigné que vous pouvez mettre en pratique dans votre vie de tous les jours?
CATRIONA : Les résultats ne déterminent pas notre valeur, ni qui nous sommes comme personnes.
JULIEN : La réussite ne se mesure pas en nombre de médailles.

Quelle est la situation la plus stressante que vous avez vécue aux Jeux et comment l’avez-vous gérée?
CATRIONA : Je ne sais pas s’il y a eu un événement très stressant en particulier… il y en a eu plusieurs. Mais, juste avant la course de 500 m en 2002, on s’attendait à ce que je défende ma médaille d’or – ce qu’aucun athlète canadien n’avait réalisé dans une épreuve individuelle, que ce soit aux Jeux d’hiver ou d’été. C’était difficile de gérer mes émotions. Je faisais semblant d’avoir confiance en moi. Il n’y avait que quelques personnes clés qui étaient au courant et qui pouvaient m’aider en me parlant. Ça été une grosse bataille mentale.
JULIEN : Nous étions les favoris pour remporter l’or et nous avons terminé en 10e place au classement général. Même cinq ans plus tard, je ne peux pas trouver de raison précise. La pression était tellement intense… cela nous a frappés de plein fouet. Je suis retourné à la maison, j’ai pleuré et j’ai décidé de traverser l’océan à la rame pour me prouver que je pouvais accomplir quelque chose. Plutôt radical!

La réussite ne se mesure pas en nombre de médailles.

Y a-t-il quelque chose que vous auriez aimé faire différemment?
CATRIONA : Il y a certaines choses que je ne peux pas changer en raison de ma personnalité, mais j’aurais aimé apprécier les courses et en profiter un peu plus (j’aimais l’entraînement plus que les courses à cause du stress et de la pression).
JULIEN : Je n’ai pas de regrets. Tout ce que j’ai accompli, je l’ai fait avec un sens du devoir, en sachant exactement pourquoi j’étais là. Le résultat est donc logique. Dans le pire des scénarios, on n’a qu’à se blâmer soi-même. Ce que j’ai fait (et ce que je fais encore) a été d’écrire dans un journal. Cela me donne confiance au sujet du chemin que j’ai choisi pour moi-même.

CHACUN À NOTRE FAÇON

Quand avez-vous réalisé que vous vouliez devenir un athlète de haute performance?
JULIEN : Quand j’ai appris que quelqu’un croyait en mes compétences… cela a changé ma vie.

Aviez-vous un rituel avant l’entraînement / la compétition?
JULIEN : Boire une pinte de bière à la veille d’une course. C’était une façon pour moi de me détendre et de me sentir comme les autres.

Qu’aimeriez-vous savoir au sujet de chaque athlète qui fera partie de l’équipe en 2018?
CATRIONA : Ce qui les motive… J’aime écouter le récit personnel des athlètes pour savoir ce qui les pousse à faire de la compétition.
JULIEN : À quel animal totem ils s’identifient. Cela en dit beaucoup sur une personne et on peut découvrir quel est le mode qu’ils privilégient dans toute situation.

Qu’est-ce qui vous inquiétait le plus pendant vos expériences aux Jeux?
CATRIONA : J’étais toujours inquiète. Mais j’étais bonne actrice donc peu de personnes étaient au courant. J’avais peur d’échouer.

Quel était votre trait de personnalité le plus avantageux aux Jeux?
CATRIONA : J’étais sans cesse en quête de la course parfaite, donc je n’étais jamais vraiment satisfaite et je continuais à m’efforcer.
JULIEN : Ma concentration.

Quel était votre trait de personnalité le plus difficile aux Jeux?
CATRIONA : J’étais très anxieuse, donc c’était difficile – mais je peux dire que je trouve facilement de l’inspiration, donc cela m’a aidée, de me laisser inspirer par les Jeux et les idéaux de l’olympisme.

 

La Canadienne Catriona Le May Doan sourit pendant son tour d’honneur après avoir remporté l’or à l’épreuve du 500 m en patinage de vitesse aux Jeux olympiques d’hiver de Salt Lake City. (Photo AP / Elaine Thompson)

CULTURE D’ÉQUIPE CANADA

Pouvez-vous décrire ce que vous avez ressenti quand vous avez reçu votre première trousse vestimentaire de l’équipe olympique?
CATRIONA : J’ai toujours aimé l’équipement olympique. Cependant, en 1992, nous avions du mauve et du blanc et je n’étais pas certaine que cela allait être très populaire! Je n’ai jamais échangé de manteaux ou d’autres articles, donc ça prouve que je les aime tous!
JULIEN : Noëëëëël! J’étais comme un enfant. Et cette magie ne disparaît jamais vraiment… Nous l’avons mérité, donc autant en profiter!

Et cette magie ne disparaît jamais vraiment…

Comment vous êtes-vous senti la première fois que vous avez vu ou entendu parler d’un athlète canadien aux Jeux olympiques?
CATRIONA : Je me souviens d’avoir vu Gaétan Boucher et d’avoir pensé à quel point ce serait incroyable de faire comme lui!

Quelles caractéristiques voyez-vous chez les athlètes canadiens que vous ne voyez pas chez les athlètes des autres pays?
CATRIONA : Je crois en notre pays. Nous sommes tellement fiers de représenter une petite population venant d’un grand pays. Les athlètes viennent toujours des quatre coins de notre pays – de toutes les provinces et de tous les territoires, et nous sommes fiers de représenter non seulement notre pays tout entier, mais les communautés d’où nous venons également. Et je crois que cela rassemble les gens de notre nation plus qu’ailleurs.

EN CONCLUSION…

CATRIONA : Je sais que les Jeux sont une occasion incroyable et qu’ils ont le pouvoir de nous inspirer, mais ils peuvent également nous stresser. La solution consiste à trouver comment chacun de nous, comme personne, peut gérer tout cela et créer un milieu optimal pour les performances sportives.

Soyez à l’aise avec qui vous êtes vraiment et avec le travail que vous avez accompli. Dans les périodes de stress, nous avons tendance à tout remettre en question, mais sachez que vous êtes prêts et qu’il y a toute une équipe de mission présente pour vous aider à vous redonner confiance.

Dans les périodes de stress, nous avons tendance à tout remettre en question, mais sachez que vous êtes prêts et qu’il y a toute une équipe de mission présente pour vous aider à vous redonner confiance.

Faire partie d’Équipe Canada aux Jeux olympiques est une immense fierté, mais aussi une responsabilité. Nous devons nous rappeler que, tout comme nous avons été inspirés par ceux qui nous ont précédés, nous avons l’occasion de devenir un modèle et une inspiration pour autrui. C’est ce qui importe le plus – non pas les résultats, mais la façon dont nous réagissons à nos réussites et à nos défis. Comment les gens se souviendront-ils de nous?

Demeurez à l’affût pour la 2e partie de la série Rencontrez vos mentors…