ENTRAÎNE-TOI À FAIRE FACE À L’ADVERSITÉ AVANT DE LA RENCONTRER

N’attends pas à vivre une situation difficile avant d’apprendre à la gérer.

Selon les experts en matière de résilience, c’est le message que chaque athlète et entraîneur qui se rendra à Tokyo 2020 devrait inscrire dans son plan de préparation pour les Jeux olympiques.

« Développer la résilience, ce n’est pas seulement se mettre mal à l’aise (les uns les autres) », explique Véronique Richard, conseillère en préparation mentale. « Il s’agit plutôt de gérer (ensemble) les situations difficiles. »

En effet, dans ta préparation en vue de Tokyo 2020, il reste certainement du travail à faire pour te permettre d’utiliser ta résilience quand les Jeux placeront de l’adversité sur ton chemin. Cependant, cela ne veut pas dire que tes muscles de résilience ne sont pas déjà bien développés.

Tes réalisations passées dans cet univers sportif très exigeant démontrent clairement que tu as la capacité de faire face à l’adversité, de t’autoréguler et de t’adapter. Tu sais ce que cela prend au jour le jour et tu peux résister à la pression pendant longtemps. C’est ce que signifie être expérimenté : faire face à l’adversité, en tirer des leçons et s’améliorer.

Toutefois, entendons-nous sur une chose : les Jeux olympiques sont différents. Et tous les Jeux sont différents les uns des autres. Ainsi, le type d’adversité qui attend chacun de nous à des Jeux spécifiques – en tant qu’individus ou en tant qu’équipe – sera unique. Aucun de nous n’aura fait face à ces circonstances précises auparavant. Cependant, notre objectif est de créer un sentiment de normalité autour de ces circonstances.

La bonne nouvelle est que nous serons prêts.

En tant qu’athlètes et entraîneurs, nous pouvons développer notre résilience comme une compétence. Nous n’avons pas besoin d’attendre pour faire face à beaucoup d’adversité (dans un environnement de Jeux) avant d’apprendre à renforcer notre résilience.

« Vous devez être prêt à prendre le risque (pendant la préparation) », déclare Richard. « Nous devons tolérer que les athlètes régressent avant de s’améliorer. »

PHOTO: Vincent Ethier | COC


DÉFI + SOUTIEN = RÉSILIENCE AMÉLIORÉE

Quand on essaie d’améliorer la résilience mentale, l’idée d’être «mis au défi» et de «se sentir soutenu» simultanément est fondamentale. Par exemple, nous savons que la résilience peut se former quand notre corps et/ou notre esprit sont mis à rude épreuve. Autrement dit, quand nos états stables (homéostasie) sont perturbés ou que nous sommes forcés de quitter nos zones de confort.[1]

Mais c’est là que la magie opère.

« Si la zone de confort d’un athlète est perturbée dans un environnement où il ou elle peut avoir accès à un soutien et se sentir en sécurité, on peut s’attendre à une réintégration résiliente comme résultat », suggère Richard.

En d’autres termes, il est essentiel de se sentir en sécurité et soutenu quand les choses se corsent. En fait, c’est une compétence que tu peux développer – bien avant de faire face à l’adversité même.

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TRAVAIL D’ÉQUIPE + SIMULATION = RÉSILIENCE AMÉLIORÉE

Les grandes compétitions sont particulièrement sujettes à des circonstances potentiellement inconfortables et, en la matière, les Jeux olympiques remportent la palme. C’est ici que les conditions ne sont pas « normales » et que les éléments variables peuvent en effet être incontrôlables. Même les équipes les plus performantes peuvent être perturbées, distraites, voire déraillées si elles ne sont pas préparées.

Par conséquent, travailler à renforcer la résilience est une pièce importante du casse-tête de la préparation.

« Être capable de s’adapter au moment présent peut être intégré dans le programme (d’une équipe) en simulant les difficultés potentielles que les athlètes peuvent rencontrer lors de grands Jeux », déclare Richard.

Place à la simulation.

Comme le fait une personne qui se prépare physiquement à un environnement de performance spécifique (ou qui simule de le faire), faire de même pour se préparer à affronter l’adversité psychologique peut également renforcer la résilience. C’est pourquoi il est important de concevoir des simulations avec l’aide d’une équipe de professionnels.

Pourquoi?

« Parce que la zone de confort d’un ou une athlète peut être étendue quand on lui demande de participer pleinement à des simulations pouvant générer des sentiments de malaise », explique Richard.

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QUATRE MOYENS POUR AIDER À RENFORCER LA RÉSILIENCE PAR LA SIMULATION

  1. Créer un environnement dans lequel les athlètes sauront qu’ils sont en sécurité et peuvent demander de l’aide (par exemple, à des professionnels, des coéquipiers) pour résoudre la situation.
  2. S’assurer qu’il y ait des mises au point régulières; les athlètes découvriront les meilleurs moyens de faire face à l’adversité qu’ils rencontreront aux Jeux par la réflexion et le partage.
  3. Présenter des scénarios communs ou potentiels qui peuvent survenir aux Jeux. C’est ainsi que les athlètes peuvent prendre conscience, individuellement et collectivement, de diverses situations qui peuvent aider à établir et à renforcer les normes de performance et de comportement de l’équipe.

Les membres de l’équipe de natation artistique qui a récemment remporté la médaille d’or aux Jeux panaméricains – et s’est qualifiée pour Tokyo 2020 – ont récemment participé à ces activités à l’occasion d’une séance de quatre heures intitulée « Camp de base » dans le cadre de la préparation du groupe aux Jeux.

Intime et intense, cette séance est conçue pour aider les athlètes et les entraîneurs à accepter les défis et les possibilités uniques au sein de leur équipe olympique – et à arriver indéniablement préparé à offrir une performance optimale dans l’environnement des Jeux.

PHOTO: Sebastien St-Jean | COC

La séance a trois objectifs :

  • Favoriser la capacité d’adaptation à des situations incontrôlables
  • Simuler la conscience de soi et des autres dans des situations difficiles
  • Comprendre les éléments qui font la différence dans l’environnement des Jeux

Et selon les participantes, chacun de ces objectifs a été atteint.

Le « Camp de base » m’a aidé à devenir plus consciente de moi-même », a déclaré une athlète.

«… à la façon dont je me présente aux autres et comment puis-je être la meilleure version de moi-même. Cela a également contribué à renforcer la confiance au sein de notre équipe. »

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« Bien sûr, ces types d’activités peuvent sembler risqués – et ils ne sont nullement censés être faciles (ou, en particulier, confortables). Cependant, en tant qu’entraîneur(e), leader ou athlète, vous devez être prêt à prendre le risque afin de faire face à l’adversité aux Jeux, en tant qu’individu ou en équipe », dit Richard.

Pour en savoir plus sur le renforcement de la résilience au sein de ton équipe et/ou sur l’organisation de votre propre Camp de base, n’hésitez pas à contacter Emily au COC :  eziga-kearney@olympique.ca.


[1] Richardson, G. E. (2002). The Metatheory of Resilience and Resiliency. Journal of Clinical Psychology, 58(3), 307-321.

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