CÉLÉBRER LES RÉALISATIONS AUTOCHTONES DANS L’AVANCEMENT DU SPORT

  • Mary Spencer

Aux yeux du monde, le Canada est perçu comme un endroit diversifié, accueillant et généralement inclusif. En matière de sport, nous sommes même vénérés en raison de notre progressisme.

Mais historiquement, ici chez nous, la vérité est que… nous ne l’avons pas toujours été. Et nous avons beaucoup de travail à faire.

« Nous reconnaissons l’oppression et la discrimination que les peuples autochtones ont subies pendant des siècles », a déclaré le premier ministre Justin Trudeau il y a un an à l’occasion de la Journée nationale des peuples autochtones (21 juin). « Le Canada ne peut pas aller de l’avant si les peuples autochtones continuent d’être laissés pour compte. »

La façon dont les peuples autochtones ont été traités au Canada au cours de l’histoire n’est pas un secret. L’impact social et humain de notre pénible vérité est aussi réel que troublant. Cependant, le sport a le pouvoir de transcender cette vérité. Et en tant que sportifs de haut niveau représentant notre pays dans le sport, notre travail consiste à faire exactement cela.

JOURNÉE NATIONALE DES PEUPLES AUTOCHTONES

Le 21 juin, nous célébrons le patrimoine, les diverses cultures et les réalisations importantes des peuples autochtones au Canada.

Dans le sport, il est facile de faire cela. De nombreux Autochtones ont joué un rôle essentiel dans la définition de ce que le sport peut faire pour tous. Célébrer ceci est une étape importante dans la définition de ce que signifie non seulement « Sois olympique », mais aussi comment nous représentons le pays dans lequel nous croyons.

« Quand une personne autochtone réussit, nous réussissons tous », a déclaré Waneek Horn-Miller à la CBC le mois dernier, après son intronisation au Panthéon des sports canadiens.

Elle est la première femme mohawk à participer aux Jeux olympiques. L’ancienne athlète de water-polo a aussi joué le rôle important de chef de mission adjointe aux Jeux panaméricains de 2015 à Toronto.

« Il y a tellement d’athlètes autochtones qui méritent d’être reconnus… »

En tant que Canadiens et chefs de file dans le sport de haute performance, il est de notre responsabilité de nous demander : pourquoi ne sont-ils pas reconnus?

Outre Horn Miller, Colette Bourgonje, qui a participé à 10 Jeux paralympiques, a également été intronisée au Panthéon des sports canadiens cette année. Leurs intronisations portent à 13 le nombre d’athlètes autochtones membres du Panthéon. Il y a 665 membres au total.

AUTOCHTONES MEMBRES DU PANTHÉON DES SPORTS CANADIENS :

Waneek Horn Miller (water-polo) – intronisée en 2019
Colette Bourgonje
(ski paranordique + course en fauteuil roulant) – intronisée en 2019
Alex Decoteau (athlétisme – course) – intronisé en 2015
Shirley Firth (ski de fond) – intronisée en 2015
Sharon Firth (ski de fond) – intronisée en 2015
Bill Isaacs (crosse) – intronisé en 2015
Joe Keeper (athlétisme – course) – intronisé en 2015
Wilton Littlechild (sports pour les peuples autochtones – bâtisseur) – intronisé en 2018
Tom Longboat
(athlétisme – course) – intronisé en 1955
Harry Xul-si-malt Manson (soccer) – intronisé en 2015
Alwyn Morris (canoë-kayak) – intronisé en 2000
Gaylord Powless (crosse) – intronisé en 2017
Bryan Trottier (hockey sur glace) – intronisé en 2016

Seulement 13? Comment est-ce possible? Le portrait historique des communautés autochtones à travers le Canada parle de lui-même. Bien que le sport soit répandu ailleurs au pays, et de manière générale dans de nombreuses communautés, l’accessibilité et les ressources ont représenté un défi énorme, c’est le moins que l’on puisse dire. Et ce n’est pas correct.

LE TEMPS DU CHANGEMENT EST ARRIVÉ

Comme pour la plupart des choses, l’argent aide. Le mois dernier, l’honorable Kirsty Duncan, ministre des Sciences et des Sports, a annoncé un investissement de 9,5 millions de dollars par an pour aider à résoudre le problème, investissement qui débutera avant la fin de 2020. De cette somme, 8,9 millions de dollars cibleront des programmes de sport et d’activité physique dans plus de 300 communautés autochtones d’un bout à l’autre du Canada.

Cependant, l’argent n’est qu’une partie de la façon dont nous progressons ensemble. Pour réellement aider à générer un changement positif, nous devons écouter activement, faire de notre mieux pour comprendre la vérité et prendre des mesures concrètes pour créer un paysage sportif national significativement plus inclusif.

Jusqu’ici, ensemble, nous commençons à faire ces progrès positifs. Pour continuer à le faire, nous pouvons tirer parti des nombreuses possibilités qui s’offrent à nous pour être informés de manière précise, sensibles à la vérité et nous impliquer davantage pour que ce changement se produise.

OLYMPIENS AUTOCHTONES :

Roseanne et Roger Allen, eux aussi des jumeaux de la communauté Gwich’in des Territoires du Nord-Ouest, ont participé aux Jeux olympiques d’hiver de 1972 à Sapporo en ski de fond.

Rene Bourque est un joueur de hockey métis qui a fait partie de l’équipe de hockey masculine du Canada aux Jeux olympiques de 2018 à PyeongChang.

Caroline Calvé, Algonquine originaire du Québec, a participé aux Jeux olympiques d’hiver de 2010 à Vancouver et de 2014 à Sotchi en tant que membre de l’équipe féminine de snowboard.

Jesse Cockney, de la communauté Inuvialuk des Territoires du Nord-Ouest, est membre de l’équipe de ski de fond du Canada. Il a participé aux Jeux olympiques d’hiver en 2014 et en 2018.

Steve Collins, de la Première Nation Ojibwa, a été initié au saut à ski à l’âge de 10 ans. Son talent lui a rapidement valu une place au sein de l’équipe nationale. Après une année de compétition internationale, il a été reconnu comme l’un des meilleurs sauteurs à ski et un prodige de son sport. Il a participé aux Jeux olympiques d’hiver de 1980 à Lake Placid et aux Jeux olympiques d’hiver de 1988 à Calgary.

Carolyn Darbyshire-McRorie Métis originaire de l’Alberta, a fait partie de l’équipe de curling du Canada aux Jeux olympiques d’hiver de 2010 à Vancouver, où elle a remporté une médaille d’argent.

Sharon and Shirley Firth, jumelles de la communauté Gwich’in des Territoires du Nord-Ouest, ont participé aux Jeux olympiques d’hiver de 1972, 1976, 1980 et 1984 en ski de fond.

Theoren Fleury, Métis originaire d’Oxbow, en Saskatchewan, a joué pour l’équipe de hockey du Canada aux Jeux olympiques d’hiver de 2002 à Salt Lake City, où le Canada a remporté la médaille d’or.

Waneek Horn-Miller, qui est Mohawk, a été co-capitaine de l’équipe canadienne de water-polo aux Jeux olympiques de 2000.

Kevin Koe, dont le père est membre de la communauté Gwich’in des Territoires du Nord-Ouest, a fait partie de l’équipe de curling du Canada en 2018 à PyeongChang.

Brigette Lacquette, membre de la Première Nation Cote, est la première femme autochtone à faire partie de l’équipe de hockey féminine du Canada et a participé aux Jeux olympiques de 2018 à PyeongChang.

Jocelyne Larocque est une double athlète olympique qui a affiché sa fierté métisse en devenant la première joueuse autochtone à représenter le Canada en hockey féminin sur la scène internationale. En 2018, Larocque a été reconnue en recevant le trophée Tom Longboat, remis au meilleur athlète d’origine autochtone au Canada.

Tom ‘Cogwagee’ Longboat était membre de la nation Onondaga de la réserve des Six Nations en Ontario. Il a couru le marathon aux Jeux olympiques de 1908 à Londres.

Kenneth Moore a été la première personne autochtone à remporter une médaille d’or olympique en hockey masculin aux Jeux olympiques d’hiver de 1932 à Lake Placid.

Alwyn Morris, membre de la nation mohawk de Kahnawake, a remporté la médaille d’or au 1000 m en K-2 aux Jeux olympiques de 1984 à Los Angeles. Alwyn portait une plume d’aigle en mémoire de son grand-père quand il a reçu sa médaille. Cela symbolisait l’amitié et l’honneur, qualités qu’il a démontrées aux Jeux en tant qu’athlète et en tant que personne.

Spencer O’Brien, qui est Haida et Kwakwaka’wakw, a participé aux Jeux olympiques d’hiver de 2014 à Sotchi et de 2018 à PyeongChang en snowboard.

Carey Price, de la Première Nation Ulkatcho, a été le gardien de but d’Équipe Canada lors des Jeux olympiques d’hiver de 2014 à Sotchi, où il a remporté une médaille d’or.

Mary Spencer est une boxeuse ojibway originaire de la Première Nation de Cape Croker. Elle a remporté trois championnats du monde, cinq médailles aux Jeux panaméricains et a été la première femme autochtone à participer à la boxe féminine aux Jeux olympiques (Londres, 2012).

SOURCE : sakatay.ca

• Depuis 1990, les Jeux autochtones de l’Amérique du Nord sont les Jeux multisports les plus importants de l’île de la Tortue. Ce nom fait référence au territoire que la plupart des gens appellent l’Amérique du Nord. Il provient de diverses histoires orales autochtones qui évoquent la légende d’une tortue qui tient le monde sur son dos. Le Canada a organisé les plus récents Jeux à Toronto en 2017 et organisera les prochains Jeux à Halifax (en 2020).

• Whitehorse, au Yukon, organisera les Jeux d’hiver de l’Arctique de 2020, un événement qui célèbre le sport, les échanges sociaux et les cultures des régions nordiques de partout dans le monde.

• Le Cercle sportif autochtone est la voix nationale pour le sport autochtone au Canada, qui réunit les intérêts des Premières Nations, des Inuits et des Métis.

• La Commission de vérité et réconciliation du Canada est « un lieu d’apprentissage et de dialogue où les vérités tirées de leurs expériences sont honorées et préservées pour les générations futures des personnes touchées par les pensionnats indiens. »

Appels à l’action Mesures officielles à prendre afin de remédier aux séquelles laissées par les pensionnats et de faire avancer le processus de réconciliation canadienne au Canada.

Le sport c’est pour la vie a fait un travail important dans l’élaboration du parcours de développement à long terme du participant autochtone (une feuille de route pour le développement du sport et de l’activité physique chez les peuples autochtones).

• L’Association canadienne des entraîneurs, en collaboration avec le Cercle sportif autochtone, offre une formation aux entraîneurs par le biais du programme des entraîneurs autochtones. Il contient du matériel pertinent sur le plan culturel qui vise à éveiller l’intérêt des entraîneurs autochtones et à leur fournir les outils dont ils ont besoin pour exercer une influence durable et positive au sein de leur communauté.

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Shirley Firth du Canada participe au ski de fond aux Jeux olympiques d’hiver de Lake Placid de 1980. (PC Photo/AOC)

« En tant que peuples des Premières Nations, nous voulons voir le développement, c’est certain », a déclaré le Chef national de l’Assemblée des Premières Nations, Perry Bellegarde, au magazine Maclean’s en 2016. « Mais, pour ce faire, le gouvernement fédéral, les gouvernements provinciaux, les leaders de l’industrie et les peuples autochtones doivent trouver un terrain d’entente… Avant d’essayer de construire quoi que ce soit, construisez une relation respectueuse avec les peuples autochtones. »

Le sport ne peut pas changer ce qui est survenu dans le passé. Cependant, nous pouvons changer le présent en célébrant le rôle que jouent les peuples autochtones et leur culture dans le paysage sportif canadien avec respect, engagement et reconnaissance sincère.

Plus important encore, en tant que leaders de l’industrie du sport, nous pouvons changer l’avenir en saisissant maintenant l’occasion d’être plus sensibles à notre histoire, de mieux nous informer et de participer activement.

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